vendredi 2 novembre 2012

Déballage de vieux cartons: festival expresso 1/3

Chers lecteurs,

 Voici venu le triste temps de l'inévitable réouverture de mes vieux cartons pour tenter de donner coûte que coûte une actualité à ce blog délaissé... Triste temps donc. Mais ouvrons... Déballons... Festival expresso. Juin 2012. Le caractère "vieillot" de ces cartons peut être nuancé quelque peu! Ouf...

 Avec cinq vaillants et paisibles partenaires du Cheveu sur la langue, le cher journal de mon école grenobloise, nous partîmes déterminés à Panam' pour participer à ce festival résonnant comme une ode aux travaux des jeunes journalistes en apprentissage.

 L'objectif était simple: produire un journal en une quinzaine d'heures... sur des thèmes imposés avec une dureté machinale par l'équipe organisatrice... et le tout, sans informations et sans sommeil (ou le minimum vital).

La couverture de ce numéro spécial
Premier sujet de ce contre-la-montre journalistique que j'ai eu l'honneur d'illustrer: International - Québec : mais qui a eu cette idée folle,un jour d’augmenter l’école...

Québec, un espoir face au néolibéralisme

 C'est un magnifique cri de liberté et de résistance que nous transmet le peuple Québécois. Quel soulagement, quel espoir pour notre Vieille Europe engluée dans une crise dramatique, submergée par une vague populiste qui ne cesse d'affaiblir notre cohésion sociale et nationale. 
 Les Québécois nous montrent qu'une autre voie est possible en dehors de la résignation face à une austérité sans fin, en dehors du repli national et du rejet de l'autre. Cette voie, c'est celle d'une jeunesse qui ne veut pas accepter le déclassement, la paupérisation. La jeunesse défend ainsi son bien le plus cher, l'école et surtout l'université, dernière proie d'un gouvernement inféodé aux puissances de l'argent, qui entendait donc parachever la révolution culturelle en vigueur depuis la fin des années 70, comprenez plutôt révolution néolibérale. Mais quelle incurie, quelle insensibilité aux souffrances sociales, que de mépris pour l'avenir d'une génération et à travers elle, celle d'une province Canadienne à l'économie et au mode de vie très attractif. Charest "dégage" hurlent les Québécois battant le pavé, mais au-delà c'est tout un modèle de société qui est rejeté.
 N'est pas Charlemagne qui veut, Charest en décidant d'augmenter l'école, s'est comporté en véritable roi barbare. Ce seigneur des temps modernes a provoqué des destructions invisibles pourtant toutes aussi tragiques que les chevauchées meurtrières des cavaliers de Charlemagne. 

 Aujourd'hui, le monde développé connaît une insécurité sociale croissante et le nouveau bourreau n'a pas de visage, ne peut pas combattre en duel. Pourtant, il provoque des plaies profondes difficilement cicatrisables, celle de la misère sociale, parfois invisible à l'oeil nu. Charest à la tête de son fief, se retrouve confronté à une véritable fronde contre ce nouveau pillage de ressource, c'est-à-dire contre l'éducation, le bien le plus cher de notre siècle. Cette révolte s'est transformée en révolution contre un système féodal, ou la soumission aux marchés a remplacé la suzeraineté. 
 Finalement, cette idée folle s'est métamorphosée en idée bonne. Quelles réactions positives d'un peuple dont nous cessons de moquer son accent, qui fait pourtant vivre la Francophonie outre-Atlantique. Aujourd'hui, le Québec est libre, mais libre d'esprit, sa jeunesse a repris son destin en main chassant une mafia féodale fanatisée par une nouvelle religion, celle du fric.

Romain Julien

-rob-

Ps: La suite et fin de cet épisode "expressien" arrivant as soon as possibile...



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